Mon chien dort maintenant dix-huit heures par jour. Ça m'a inquiétée au début, puis j'ai compris que ce n'était pas un signal d'alarme, c'est juste le rythme d'un chien senior, et toute la question de bien-être animal, chez nous, se résume à remplir ses heures éveillées sans l'épuiser avec des activités douces mal calibrées.
Petit aparté avant d'aller plus loin : certains liens plus bas sont des liens d'affiliation. Si vous achetez via l'un d'eux, je touche une petite commission, sans que ça change le prix pour vous. Je ne parle que de ce que j'ai vraiment utilisé avec mon chien, pas de ce qu'on m'a envoyé à tester.
Le mythe qu'il faut occuper un chien senior sans relâche
On entend souvent qu'un chien qui vieillit a besoin d'être occupé en permanence pour ne pas sombrer dans l'ennui, des jouets à problèmes, séances de jeu longues, sorties multipliées. Chez nous, c'est l'inverse qui s'est produit : plus je cherchais à le stimuler fort, plus il devenait irritable le soir. La vraie règle, celle que j'applique maintenant, c'est courte et douce plutôt que longue et intense.
Nos sorties à la prairie de Mauves se sont beaucoup raccourcies. Avant, il pouvait explorer la rive pendant une bonne heure sans se lasser ; maintenant, après vingt minutes, il cherche mon regard pour dire qu'on peut rentrer. Une copine qui pratique le yoga en plein air au parc, presque tous les matins, me demandait pourquoi je ne courais plus avec mon chien comme avant, difficile à expliquer sans avoir l'air de renoncer. Depuis deux ans que je vis avec un chien qui n'est plus tout jeune, j'ai dû adapter la routine pour un chien senior afin de préserver son confort, sans pour autant le laisser simplement s'éteindre dans son panier.
Pourquoi l'odorat compte plus que le mouvement
Ses muscles se fatiguent plus vite, mais son odorat reste intact, on parle de plusieurs centaines de millions de récepteurs olfactifs chez un chien, contre une poignée de millions chez nous. Pour un chien âgé, le nez reste la fenêtre la plus grande ouverte sur le monde, longtemps après que les pattes aient ralenti.
Pas besoin de matériel coûteux pour l'occuper autrement : une vieille boîte en carton, un moule à muffins, une serviette roulée, quelques friandises cachées dedans. Je le laisse chercher, sa queue remue doucement, et je crois que le moment présent lui suffit largement. J'ai aussi un tapis de fouille à la maison, pour la même raison, ça sollicite son flair sans forcer ses articulations. Le livre L'Amour qui ne vieillit jamais [Au fil du temps] m'a aidée à poser un regard plus doux sur cette période ; le prix varie selon le vendeur, donc je ne l'indique pas ici, mais pour moi, ça reste un investissement dans notre relation.
Le calme passif, une activité douce à part entière
Le calme passif, c'est le nom que j'ai fini par donner à ce que je fais maintenant : plutôt que de lui demander d'agir, je lui propose des choses à observer ou à sentir depuis son panier, la fenêtre ouverte, un jouet à lécher, une odeur qui passe. Quinze minutes de ce genre de stimulation douce, bien ciblée, le laissent plus apaisé en fin de journée qu'une longue marche qui le laisserait raide le lendemain. Il est utile aussi d'mieux comprendre les émotions de son chien pour renforcer notre lien — un chien senior qui s'isole ne fait pas forcément une dépression, il gère peut-être juste sa fatigue, et apprendre à lire ça change beaucoup de choses au quotidien.
Côté exercices, je dispose parfois des coussins au sol et je l'encourage à marcher dessus très lentement, pour qu'il garde conscience de ses pattes arrière, rien de plus, pas de parcours compliqué. Je termine souvent par des caresses lentes le long du dos, sans prétendre faire de la kinésithérapie : pour ça, mieux vaut un professionnel. Ce sont des gestes qui comptent plus pour le confort articulaire que n'importe quel jouet acheté sur un coup de tête, et ils ne coûtent rien.
Et le budget, dans tout ça ?
Vivre avec un chien senior, ça pèse aussi sur le porte-monnaie, les contrôles vétérinaires reviennent plus souvent, et certains compléments ne sont pas donnés. Pour compenser, j'essaie de faire des économies sur la nourriture de mon chien sans baisser la qualité, en évitant les fausses solutions. J'ai par exemple mélangé de la pâtée bon marché dans ses croquettes pendant un temps, pour qu'il finisse son bol, ça n'a rien réglé, il triait les morceaux et laissait le reste, et j'ai fini par arrêter. Les astuces que j'ai trouvées dans Economisez avec la nourriture animaux [Notre choix] m'ont semblé plus sérieuses, et ça me laisse une marge pour d'autres choses, un couchage plus épais, par exemple. Le soir, pendant que je prépare son bol, il vient se coller contre ma jambe, tout son poids appuyé contre mon mollet, comme s'il voulait vérifier que je n'allais pas encore changer la recette.
Une autre habitude qui ne coûte rien : quand je reviens d'une sortie, je ramène souvent un élément naturel, comme une pomme de pin, une feuille, une poignée d'herbe d'ailleurs — et je le lui présente. Il renifle pendant deux bonnes minutes, et c'est tout un monde nouveau qui s'invite dans son panier. Ce genre de petit rituel compte autant que n'importe quelle activité achetée.
Ce qui change, vraiment
La dernière fois qu'on a pris le train ensemble, il s'est endormi dans son sac avant même le départ, sans un gémissement, lui qui avant, pleurnichait dès qu'on dépassait la première station. Ce genre de détail en dit plus sur son état que n'importe quel chiffre : un chien senior apaisé à la maison voyage aussi mieux, et ça vaut le coup d'y penser avant de partir. Si le vieillissement de votre chien vous laisse un peu perdu, Apprenez à mieux connaître votre chien [Au jour le jour] aide à décoder les petits signaux de fatigue qu'on rate facilement au début.
Ralentir ne veut pas dire renoncer, et occuper un chien âgé ne veut pas dire le pousser à bout. La règle que je garde, maintenant : des sessions courtes, choisies pour leur qualité sensorielle plutôt que pour leur durée, et beaucoup de respect pour ses heures de sommeil. C'est peut-être lui qui m'a montré ça, plus que l'inverse.